Des Racines
Pour Un Bonsai
Moi je ne retiendrai qu’une chose d’ORAN:
C’est ma jeunesse dans les BAS-QUARTIERS.


C’était mes tondres-zannées. Là où je suis né et là où j’ai grandi, à la rue Baenziger.Parce qu’après,à l’adolessonce on a tout quittépour aller habiter à BOULANGER dans un appartement flombonneuf. D’accord c’était plus moderne,plus ensoleillè, mais... Ce chongement de décor aussi souhaitable soit-il, avait complètement déracinè  le p’tit arbre qui poussait à mes pièds, et en plus, à la mauvaise saison de sa vie. Malgré la terremoins zhumide et l’air plus sec, il survécut à son malheur, mais il refusa de grandir.
Et moi à côté de lui, jour après jour, sans rien comprondre au phénomène, je ne pouvais que le regarder d’un bon œil, et lui sourire sans pouvoir l’aider car si lui, il avait choisit de rester nain, moi par contre, je n’en navais apparamment pas le droit, et  même si cela paraissaitune épreuve insurmontable, il me fallait grimper les étages.Plus rien maintenont ne ressemblai-t’à ce que j’avais connu depuis ma naissonce dans les Bas-Quartièrs. J’avais en quelque sorte perdu mes repères.

La vie de la citée... C’est pas la vie du quartièr. Pour commencer moi qui avais l’habitude de voir chacun qui habitait dans sa propre ruelle, là par contre, tout le monde, il était à la même adresse. Et nous qu’on connaissait bien la tronquillité des voisins avec un mur adjaçont de trois mètres d’épaisseur, là on était tellemont près les
zuns dès zautres qu’on ontendait même le voisin respirèr, pour ne pas vous dire le reste. Mais zà for ça force, il a bien fallu s’habituer à ce chongement de culture qui se traduisait à l’époque par la MODERNITÈ. C’estcomme çà je suppose que les civilisations elles zévoluent en passant du vieux au neuf. C’est vrai ! C’est vrai ! Mais il fallait pas croire que nous zautres on n’était pas zévolués ou pas civilisès parce qu’on venait des BAS- QUARTIÈRS! Et à propos, je compronds pas pourquoi yen na qui préférait dire qu’onnétait de la MARINE. Parcequeeee Figurez-vous que le préfix “BAS” les dérongeait ! Y  létait soi-disont trop Péjoratif selon-zeux. Et après tout, qu’importe le nom, s’il létait  le plus beau quartièr d’ORAN. La preuve, elle est là dans mon cœur et vous pouvez rien chonger. Et plusse j’y ponse et plusse je sais que j’ai raison.

MON QUARTIER ETAIT UNIQUE AU MONDE. C’était comme si on navait collé un morceau de Marseille avec un morceau de Paris  boutabout. Les jons parlaient sans zaxont, avec le même rythme, la même cadonce, la même prononciation, normalemont, sans faire croire qu’ils zétaient plus intellijonts les-zuns que les-zautres. On faisait pas des manières nous-zautres, comme ceux d’en hô qui nous faisaient de l’hombre. Et on n’était pas non plus des radins et des zégoïstes, parce que nous zautres on  partageait tout entre-nous, la rue, le casse-croûte, les petits biscuits, les bonbons, le chewing-gum, tout! Tout! Même le soleil, avec un cœur grand comme la place d’Armes.
Moi j’habitais côté PARIS. Le boul’vard Oudinot était... On pourrait dire notre boul’vard Haussmann, avec tous ces magasins, Ce beau cinéma «Le Familia » Et ces cafés où ça sontait tellement bon, quand t’on passait devont. Rien que de renifler sur le trottoir ces odeurs d’anisette et de café mélongés ça me donnaient de la gaieté au cœur. La préfecture était la place de l’étoile. Le grand boul’vard Stalingrad ou boul’vard Molle, c’était pour moi mes Chomps-zélysées où je dévalais sa descente en patins à roulettes sur le trottoir de droite, sans m’arrêter zaux  petites ruelles adjacentes. La place des Quinconces, pour moi c’était la place de la CONCORDE. Et La Concorde pour une autre raison parce que... On traçait notre Tour de France avec de la craie par terre  pour le parcourir avec nos capsules de bouteilles, et là, que l’on s’appelait Saïd, Simon ou Samuel, on avait tous la même chose dans la  tête : C’était de gagner des étapes tout simplemont. La plus dure était bien sûr celle qu’on appelait l’étape du “ Caminico de la Mouerté.”Là il fallait faire ontention, même les champions là,  ils zallaient tout doucemont. Mais... Yavait une concorde là ? Mon-mon ! Je te dis pas. Même ceux qui zétaient fâchès, ils jouaient ensembles comme de bons copains, même qu’ils se parlaient normalemont comme tout le monde, mais seulemont à la troisième personne du singulièr. En effet en remplaçant les “tu” par des “il” ou des “iiii” parexemple : < Il é taveugle lui? iiii voit pas que je suis devon lui Nonnnn ?   -Siiiiiiiiiiiiiiiiii y veut pas jouèr, ilnaqua aller chez sa mère>

Et l’autre il lui répondait :<Bon ! Bon ! ÇA VA ! Il s’la ferme mainnon et on continue! D’accord? ><D’accord !>
Et ils se remettaient à jouèr tranquillemont, comme si rien s’était passé. Hôreuzement que c’était comme çà. Et ça ! C’était la concorde qu’on avait nous-zautres dans mon quartièr.Maintenant, quand le tour de France était fini, on sortait nos billes nagates. Èlzavaient de ces couleurs ces billes là  à l’intérieur: Çà me faisait rêver. Et quand l’époque des zabricots était là, on namenait nos pignoles pour jouer à la “Madré”ou à la “Rigole” Ou “au canal” Ç’à dépondait! Des fois y’en avait, qui venaient de loin pour jouer avec nous. Y yen avait qu’on connaissait pas bien sûr, et on n’aimait pas trop ça parce que quand t’ils gagnaient, ils ne revenaient pas pour la revonche, mais on les zacceptait qu’à même, la place des Quinconces, c’était pour tout le monde. Et les cartes, qui fallait qu’on gagne par la force du poignèt en les retournont, just’en les tapont au-dessus avec le creux de la main et avec un savoir-faire... Et une puissonce... Que pas beaucoup de cartes résistaient à la ventouze.

La toupille avec la ficelle et le”Pitchac”aux rondelles de chambre à air de bicyclette attachées ompelotte, étaient notre sport national. Et le “Carrico” sur des roulements à billes étaient de véritables bolides, mais pas appréciés des adultes.
Le “Loncé du canif”qu’on lançait sur la terre qu’il y avait autour des arbres, pour se partager un gâteau imaginaire. On jouait parfois aux osselets, mais le plus intéressont, c’était les petites tablettes de céramique  taillée en rondelles. Et à ce jeux là, yen avait-t’un qui était t’imbattable, un dénommé Cader qui habitait le « Crave-cœur » la rue qui montait en côte jusqu’à la rue wagram. Ce type là ! Il avait une dextérité et une rapidité dons le mouvemont qu’il étonnait tout le monde. On faisait nos partis en bas de chez lui ou alors sur les escaliers de ma rue. Et puis il yavait un certain Simoune aussi qui lui descendait d’en Hô quelque part vers la rue des Juifs, pour venir jouer avec nous. Et lui, sa spécialité c’était de casser les toupilles. Pour cela on le craignait beaucoup, mais on l’admirait aussi parce que comme lui, yen avait pas deux qui pouvait faire ce que lui y faisait avec sa toupille, un vrai champion. De la tête aux pieds, il la posait où tu voulais sans problème. C’était  lui d’ailleurs qui m’avait t’apprit à bien jouer à la toupille. C’était un bon copain ce Simoune, en plus à momont donné il était dans ma classe même s’il était plus vieux quemoi Dans les petites ruelles étroites il n’y avait pas beaucoup de soleil, mais elles zétaient pleines de vie. Les mères parlaient d’une fenête t’à l’autre tout en jeton un oeil sur les filles qui jouaient à la corde ou à la marelle. On choutait aussi le ballon ou le Pitchac à un gardien de but qu’il pouvait jamais lé-zarrêter. Les poteaux c’était la largeur de la rue, et il n’y avait pas de voiture qui passait alors on était tronquille. Il yavait pas de fenêtre en rez-de-chaussée dans notre rue Trobriant, alors quand l’ontrepôt de TOFFOLI fermait, on avait le champ libre. On pouvait taper de partout avec le ballon et faire autant de bruit qu’on voulait personne ne rouspétait. En plus avec les  escalièrs de ma rue Baenziger qui montaient comme des gradins, on se serait crut au stade de « foot  Du parc » ET,”ONTENTION” la CALBOTTE !A chaque fois qu’on revenait de chez le coiffeur, tous les copains voulaient essayèr la nouvelle coupe de cheveux avec la nuque bien rasée et talquée. Il valait mieux parfois faire un détour, quand t’on voyait les copains de loin, parce que... Même à 100 mètres de distonce, le parfum de l’eau de Cologne nous trahissait. Et y’en avait certains qui frappaient fort qu’à même. Alors on disait : <Si té pélasse, té stréna> Et c’était la gifle qui partait darrière l’occiput de la tête. Mais plus de bruit que de mal. Seulement que ça secouait un peu la cervelle dans sa boîte, si bien que j’en  laissais qu’un seul, faire l’éstrennage et les zautres... Ils pouvaient  toujours courir pour me rattraper.

A part çà, la PALÈSTRE du Murdjajo qu’on appelait les Plonteurs étaient un véritable Havre de Bonheur ! Le jardin de “l’étong” un jardin enchanté, aux milles cachettes.Il n’y avait qu’une chose qui pouvait paraître un peu bizarre. C’était que, dans la rue des jardins où habitaient mes grands-parents et mes cousins Martinez, on ne voyait pas de jardin. Pourtant il yen avait ! Bien sûr que c’était pas comme ceux du ravin Raz-El-Aïn... Mais yen avait ! Seulemont, ils zétaient un peu hô, suspendus comme ceux de Babylone, sur un mur perpendiculaire à dix mètres d’altitude. Il fallait pour bien faire la grande échelle des Pompiers pour mieux les voir ou alors... Il fallait passer par la rue de... l’Aqueduque ou de LA... quinique, que disaient certains je ne sais pas pourquoi, moi j’ai jamais zétait dans cette rue là. C’était pas les Bas-Quartièrs çà! Mais zà vrai dire, pour revenir à la rue des Jardins, avec tous les Bégoniacèes en fleurs que les mères et les gronds-mères elles mettaient zaux fenêtres, quand c’était pas, carrémont devont la porte du trottoir, Mon mon ! On n’avait pas besoin de jardin à la rue des jardins.


Tous çà c’est l’Oran que je garde dans ma tête. La FANTASIA remontant l’avenue Stalingrad et le ravin Raz-el-Aïn, la fête de l’eau douce à la place d’Armes, la fonfare de la municipalitè, le bal du 14 juillet à la place de la République, avec ses manèges, et ses forains. Le jour des Rameaux à Saint-Louis. Les longues promenades en famille sous les pins des Plonteurs et les soirs d’été très tard dans les rues qu’on descendait jusqu’au port... Ha ! Qu’on était heureux à l’époque et qu’elle était belle et tronquille la vie qu’on avait!
Et à la maternelle quesqu’elles-zétaient jontilles les petites sœurs Trinitaires comme la sœur Ernéhaϊde, avec ces belles zimages qu’elles nous donnaient en récomponse quontonnétait sage. Et Y en avait souvent des images et des bons points, parce qu’on n’était jamais méchant: SAGES COMME UNE IMAGE! Qu’elles disaient ! La sœur Ernéaïde, elle connaissait presque tous les parents d ‘élèves car figurez-vous qu’elle leurs ravait déjà fait l’école quont’ils zátaient petits. Parce qu’elle était encore plus vieille que ma grand-mère.  La povre ! Elle est peut-être morte maintenon.

La “Fouguerra”de la fête de la Saint Jean (qui zétaient défendu, mais à moitiè ) Et les vieilles casseroles avec toute cette ferraille attachée qui descendaient la rue des jardins le jour saint de la Résurrection. Et celui qui passait le soir dans la rue en jouant de la samboumba que je n’ai jamais plus zontendu depuis qu’on a quitté les Bas-Quartiers.Et l’été, quesqu’on bouffait comme piroulis glacés de toutes les couleurs, qu’on allait achetèr çà chèz Sériano de l’Oranaise, pour 5 F [de l’époque] Les bonbons et les magazines de chez madame Hernandez où je passais toujours le dimanche matin en revenont de l’église. Que le bon Dieu me pardonne pour mettre à la quête seulemont la moitiè des dix francs que ma mère elle me donnait pour la messe ! Où y sont passés ces cris de marchants dans la rue comme “Algo-venderle” “Calientica” “Tchoubo”
 “ agua doulcé” et d’autres que j’ai maintenont  oubliè ! < Malhôreusemon ça fait tellemon lonton qu’on les zonton plus ! >Ya tant de souvenirs dons ces années là. Des bons et des moins bons comme à l’écolePaul Doumer, où ils me m’étaient toujours Zéro à mes dictèes. Tous les ans c’étaitpareil, de M. Beusambe à M. Régner, ils-zétaient jamais contonts. Et pourtont ,c’est pas que je demondais pas à la vierge de Sonta-Crousse, qu’elle me corrige les fautes...Méé ça fait rien , je ne lui enveut pas à notre bonne mère du salut, l’essentiel c’est qu’elle était là-hô pour nous protégèr de la Peste. [ Y  parait que c’est Camus qu’il a dit çà ! ]  En attondant, elle nous manque cette vierge qu’on pouvait voir de partout où qu’on était dans les BAS QUARTIÈRS.

Voua là! C’était çà! Mon n’ORAN à moi, LES BAS-QUARTIÈRS DE LA MARINE.

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